Des Bulles et Des Hommes

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Pour un blog bédéphile, le Festival d’Angoulême était l’occasion d’une énième résurrection. Bodoï peut bien titrer sur ses doutes quant au caractère essentiel de ce festival, il n’en reste pas moins le plus connu en France et le plus « Grand Public ». En un mot, c’est LA période de l’année où je ne suis plus frustré par la mauvaise volonté de mon entourage non-bédéphile. Le plus souvent, le visionnage du JT de 20h nous fait au moins un sujet de conversation commun en cette période de l’année. Paradoxalement, je suis aussi souvent outré par l’ignorance crasse et manifeste des journalistes qui réalisent les sujets sur les auteurs. Notamment celui de France 3 sur Un peu avant la fortune, oubliant de préciser que cela fait 15 années bien tassées que Dupuy et Berberian travaillent à quatre mains pour le dessin et le scénario et que Jean-Claude Denis, qui signe ce beau récit des quelques jours avant le changement radical et définitif d’une vie, ne fait pas partie du duo historique (ce qui n’enlève rien à la qualité intrinsèque de sa contribution).  

A la vérité, l’édition 2008 s’est mieux passée que l’an dernier, pour une raison simple : les « bulles » espaces où se déroulaient les évènements étaient bien plus rapprochées les unes des autres. Ce qui se gagne de temps dans les trajets étaient réinvesti dans les files d’attente. Vous piétinez avec nettement plus d’entrain devant un auteur quand vous n’avez quelques centaines de mètres de côte dans les pattes. Alors, certes, il serait possible de fustiger le prix des entrées, le fait qu’une bulle entière semble avoir été réservée  pour les éditions Soleil et Panini. Il est vrai que les éditeurs plus modestes comme Pavesio ne peuvent guère rivaliser avec la présence de Gabriel Dell’Otto, ou les dix-huit  auteurs présents dans un cercle de tables qui présentent, autant pour la taille que pour l’ambiance décontractée, des ressemblances  avec mon salon mis à la puissance 10. Dimension fantasmatique supplémentaire : la présence de Christophe Arleston et Denis Bajram.

Dans un autre registre, la groupie bien planquée en mon cœur de pierre pourrait évoquer les diverses dédicaces, les courses à l’album motivée par cette baise organisée qu’est le système de tickets à retirer en caisse pour pouvoir prétendre voir certains artistes pratiquer… Baise organisée pour laquelle il faut s’asseoir sur ses principes. D’aucun aurait songé à coupler le tube de vitamine C avec celui de préparation H. Cela, et dans le désordre : le stand du fanzine Anachronique, l’exposition du président du festival sur la Bande Dessinée d’Argentine, la conférence de Scott Mc Cloud, Thierry Groensteen et Benoit Peeters, celle de Jose Munoz, Guy Delisle et Christophe Ono-Dit-Biot, et le braquage  continuel des stands d’éditeurs à la carte bleue brulante. 

A l’inverse, le déprimé retardataire se bouffe les doigts d’avoir raté Ange, la conférence sur le reportage BD, le concours d’impro BD, la remise des prix « Blogs BD »… On arrête là. Rien que d’y songer…  Je me demande si ce coup de froid en valait la peine.

Enfin, il faut rendre une grâce supplémentaire à Cécile, à Julien, au chat, à Nasser, Heinz et Fred… Entre autres. On revient toujours du dernier week-end de janvier angoumoisin avec des bulles pleins les yeux (globuleux, oui. On dort pas forcément beaucoup, quatre jours livré à son vice), mais on revient rarement avec la matière pour les remplir. Merci à eux.

 

… Bien entendu, je risque de développer un peu dans les jours qui viennent… Par quoi je commence ?

 

Publié dans Supernovas

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