Bonjour à tous et bienvenue dans la Nébulleuse avec deux L, un blog consacré au 9ème art. J'y rédigerai (régulièrement?) des chroniques sur mes coups de coeurs en cases et en petites bulles. Je compte parler essentiellement des ouvrages récents et des nouveautés, mais je garderai une place pour les plus anciens. De même, si je traite essentiellement de Bande Dessinnée francophone, je ne cracherai pas sur un bon manga ou un bon comics. Enfin, je précise que les avis dans les textes présentés sont subjectifs, et je serai très heureux s'ils faisaient débat. Bonne lecture!
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Si certains veulent me suggérer des ouvrages, récents ou plus anciens, n'hésitez pas!

Le sujet se situait dans la droite ligne de celle que j’avais vu l’an dernier : il faut dire qu’il y était question d’Objet Culturel Non Identifié, le dernier livre de Thierry Groensteen, aux côtés de Benoît Peeters (déjà lui) et Jean-Christophe Menu, le patron de l’Association. En 2008, les quatres intervenants phosphoraient sur la façon de considérer la bande dessinée dans ses nouveaux supports, notamment les blogs, comme la technique narrative de la case du strip et de la planche (ceux qui ont un crayon dans le prolongement naturel de leurs doigts apprécieront). Dans le même temps, Groensteen revient sur sa vieille lune: à savoir la reconnaissance institutionnelle de la bande dessinée. Ce vieux satellite bédéphile est familier à votre serviteur, qui le fréquente lui-même de façon très régulière. S’il m’est permis de donner une opinion, je crois qu’un des aspects de la question vient de ce que, contrairement au cinéma, la bande dessinée a connu son âge industriel avant même d’avoir eu ses penseurs théoriques, Toppfër ayant laissé le sujet en plan au milieu du chemin, alors que la pellicule a connu des gens comme Bazin ou Guitry, qui a même commencé par une tournée de conférence contre le cinéma, avant de s’y intéresser lui-même. Il n’est meilleur défenseur que celui qui vous a attaqué. Au moins techniquement. Pour le 9ème art, Scott McCloud a suivi Kirby de plusieurs dizaines d’années, et Thierry Groensteen est venu longtemps après Hergé. La question se pose d’autant plus que le multimédia peut faire évoluer un format qui suscite déjà certaines méfiances.

Là-dessus, Peeters a une position intéressante. D’après lui, il faudrait se méfier de trop vouloir faire entrer la bande dessinée à l’université, car cette dernière fait office de gardienne de connaissances qui sont souvent figées. Or, ce qui nous plait dans la bande dessinée, c’est sans doute aussi cette forme de spontanéité qu’elle n’a pas encore perdue. C’est peut-être vrai. Allez savoir… En général ceux qui se méfient de la bande dessinée ne sont pas les universitaires, ou alors pas le plus violemment. Faute de connaissances, le plus souvent. Ça se soigne, mais pas à dose homéopathique. Comme dit plus haut, Angoulême est le plus grand public des festivals bédéphiles, mais pas le seul, et sans doute pas celui où l’on fait le plus de découvertes. Benoit Peeters n’a pas tort, on peut se passer de la reconnaissance de la BD dans les universités. Peut-être dans d’autres cercles notamment celui des médias. Surtout lorsque l’on sait la part qu’elle prend dans le marché de l’édition. La reconnaissance du ventre peut avoir de l’élégance. Mais d’une façon générale, trop nombreuses à mon goût sont les petites mains audacieuses que l’on laisse dans l’ombre. Il ne suffit pas de lire un Riad Sattouf ou un Trondheim quand il sort pour connaître la BD. Pas plus qu’il ne suffit d’un Woody Allen pour être cinéphile.
Quoi qu’il en soit : une vérité s’impose, dans mes tripes plus autant que dans mon cerveau : ça fait du bien d’écouter causer des gens qui maîtrisent et qui aiment à ce point un sujet qui me passionnent.
Merci, Messieurs.
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