Les 23h de la Bande Dessinée

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Ça a eu lieu entre le 29 et le 30 mars. Environ 50 dessinateurs, vingt-quatre planches chacun,  vingt-trois heures non-stop, une nuit blanche, et cinq « metteurs en ligne ». J’étais de ceux-là.

J’aimerais vous dire que l’ambiance était géniale, plusieurs dessinateurs regroupés dans un petit atelier tourangeaux pour une nuit passée à plancher sur un thème gracieusement fourni par les éditions en ligne Foolstrip. Hélas, comme nombre d’entre vous le savent, je suis parisien, et (malheureusement) je le reste. Pour ce qui est de l’ambiance bon enfant,  adressez-vous aux blogueurs de Tours.  En ce qui me concerne, ce fut une longue nuit d’acarien posé sur la moquette, mon ordinateur sur les genoux et une bouteille de Cola à portée de main. Levé à 11h pour être frais et dispos à 13h, j’attendais de pied ferme les premières planches de mes dix « petits protégés », participant à ce marathon, avec 3 onglets Firefox. Un pour le site, un pour l’interface de mise en ligne, et une d’imageshack.us pour héberger les images. Après quelques péripéties, je me dois d’assurer.

Les premières heures sont vides. Je bouquine en attendant de recevoir les premiers e mails. A 16h30, je m’inquiète. A 17h15, Douze m’envoie sa première planche. Pendant que je m’ennuie, ils doivent tous être entrain de phosphorer plein tube façon néon. Mon mail de revue des troupes obtient quelques réponses à ce moment-là, et tombent les premiers dessins… A noter, Kineko, qui dit singulièrement manquer d’idées. C’est entre 17h 15 et 17h30 que je réalise la difficulté principale du rôle de metteur en ligne. Outre l’ardue perspective de tenir toute la nuit jusqu’à 13h le lendemain, les artistes trouvent le moyen de me bombarder en escadrille. A ce titre, je tiens à maudire plus particulièrement Jepeh et Taillefer, qui envoyaient leurs pages par pack de trois ou quatre.

Un salut particulier à Castor et Dr Truite, muets toute la nuit, envoyant 48 planches d’un coup peu avant la fin. Sans rancune, messieurs. Turalo a pris le relais.


Entre 20h et minuit, télé bruisse, et 2 litres cola viennent renforcer mon endurance pas encore prise en défaut. Les histoires se développent, partant parfois très loin, mais il y a quelque chose de surprenant à voir l’histoire se développer quasiment en direct live sous ses yeux. Certains partent trèèès loin. D’autres trouvent juste un chemin un peu particulier. Minuit, la télé ne m’aide plus. Les retardataires s’y sont mis. Une fois résolus les mystères propres à l’interface de 20six, la mécanique est bien rodée. La première planche de Kant1 et celles de Stephenchoco ont essuyé les plâtres… N’empêche, je garde en mémoire les trois dernières pages de Toune, récalcitrantes sous mes doigts tremblants, cola vidé, l’œil liquéfié sur l’horloge. Passé 9h du matin, ce marathon BD devenait une performance physique. Au milieu de la nuit, j’actualise mes e mails comme on cède à un trouble obsessionnel compulsif. Pour passer le temps, j’envoie quelques messages de remotivation des troupes, encourageant ceux qui avancent, réconfortant ceux qui coincent.


J’ai déjà écrit ici à quel point j’aime voir un dessinateur travailler. Il y avait de cela dans ce que j’ai fait hier soir. C’était étrange. Parfois, certains artistes proposent des histoires à suivre sur leur blog. Ce fut notamment le cas de Paprika aux jeunes amours. Voire une histoire se développer pages après pages, ou ou publiée par grappes dans les magazines comme Spirou, c'est une chose. Pour les participants aux 23 heures de la BD, il s’agissait d’un défi, voire d’une épreuve physique. Enfin, je suppose, je n’y étais pas. Les artistes présents à l’atelier POP à Tours ont eu là l’occasion de faire des rencontres, de relever un défi de façon conviviale. Qu’en fut-il de ceux qui travaillait chez eux, seuls, leur table à dessiner, armé d’un crayon et, selon les cas, d’une cafetière, d’un tube de vitamine C, substance illicite, ou autres bouteilles de coca ? A la lecture, une constante demeure, qui fait la spécificité de l’exercice : l’urgence. Ceux qui trouvent immédiatement un fil rouge, ceux qui blanchissent la nuit en cherchant l’idée lumineuse, le manque de sommeil encrassant les neurones. Le récit prend-t-il une trajectoire particulière, influencé par la vitesse nocturne ?


Réponse plus tard, je n’ai pas encore tout lu. Ma vie a suivi son cours poussif le lundi matin… Et je n’ai pas tout lu durant la nuit. Je vous recommande malgré tout les quelques lectures que j'ai faites.

Merci à Piak et Turalo, les organisateurs.

Kineko
Kant1

Taillefer
Les organisateurs Piak et Turalo.
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Loula 13/04/2008 20:57

Tu m'a donné envie d'aller faire un tour! Il faudra que je prenne le temps...Et félicitation à toi pour la mise en ligne, ça doit pas être évident de rester éveillé comme ça 23h...

M 31 13/04/2008 21:28


Tu as envie d'aller voir? Tant mieux! Mais tu sais, c'est pas moi qui ai fourni la plus grande partie du boulot, ni la plus dur!