Les Mauvaises Gens, par Etienne Davodeau

Publié le par M 31

Personnellement, j'aborde toujours les lauréats du festival d'Angoulême avec une grande curiosité, mais aussi une certaine appréhension.  Chaque année je me demande, quel critère a primé pour la désignation d'un « meilleur album » ou d'un « meilleur scénario ». Avec Les Mauvaises Gens, il semble que ce soit l'humanisme, voire l'amour, aussi démago que cela puisse paraître au premier abord.  

 

Les Mauvaises Gens, c'est l'Histoire du militantisme de gauche de la Libération à l'élection de François Mitterrand à travers l'histoire de deux retraités du monde ouvrier qui se sont mobilisés pour leurs idées toute leur vie durant dans une région où les choses ne bougent pas facilement. On apprend au fil des cases, qu'ils sont les parents de l'auteur. Des combats quotidiens, concrets, de gens qui souhaitaient se battre pour faire changer leurs vies : Amélioration des conditions de travail, mais aussi le maintien de l'enseignement public et laïc et la création d'un lycée pour les jeunes gens du village.  Peu importent ses opinions politiques, on est sensible à l'affection qui lie ces trois personnes (puisqu'il ne s'agit pas ici de personnages.), et à la galerie de portraits très humains que Davodeau dresse au cours de ses recherches afin de documenter son livre.  

 

 

C'est d'ailleurs l'autre point intéressant de cet ouvrage. L'auteur nous raconte les recherches qu'il a effectuées, et retrace les entretiens et les différentes rencontres avec des personnages aux horizons parfois originaux, notamment ce prêtre devenu chauffeur de car, ancien membre de la J.O .C (les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes). C'est donc par endroits à un véritable reportage par plans fixes que nous avons droit, proche de celui que pourrait nous offrir la télévision en matière de mise en scène. Pour en finir sur le plan technique, ceux qui suivent le travail d'Etienne Davodeau remarqueront que ce dernier s'en sort aussi bien dans le noir et blanc des Mauvaises Gens que dans la couleur de ses précédents ouvrages, comme Chute de Vélo ou Le Constat,  le noir et blanc ne donnant ici un caractère particulier aux pages, quelque chose d'intimiste et de nostalgique qui convient bien à l'ambiance du livre. 

 

 

Seconde expérience de BD « journalistique » après Rural, Les Mauvaises Gens propose une vision différente d'une partie de l'histoire de France. Différente car mise à l'échelle humaine, à l'échelle d'une vie.

source image: www.editions-delcourt.fr

Publié dans Corps Célestes

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Aimecer 14/07/2006 21:31

Voilà un livre que j'aime particulièrement car il nous donne une grand leçon de vie.
Nous n'obtenons quelque chose que si nous battons pour l'avoir, et il vaut mieux sacrifier le confort du court terme pour solidifier le long terme.