Le Combat ordinaire tome 3: Ce qui est précieux, par Manu Larcenet

Publié le par M 31

C’est peu de dire que le troisième tome du Combat Ordinaire  était très attendu. Mis sur orbite lors du festival d’Angoulême en 2004, le succès de cette série ne s’est pas démenti aujourd’hui.  Intitulé Ce qui est précieux, cet album débute quelques mois après la fin des Quantités négligeables. Marco, artiste photographe, vient de perdre son père, qui s’est suicidé pour échapper à la dégénérescence de sa maladie d’Alzheimer. Il est donc confronté à toutes les conséquences à long terme du deuil chez sa mère, son frère, ses amis. Côté couple, pas mieux, sa compagne Emilie insiste sur son désir d’enfant. Côté professionnel, un éditeur décide de faire un livre des photos de son exposition sur le chantier naval. La conjugaison de ses facteurs avec ses crises d’angoisses le fait revenir à la psychanalyse qu’il avait abandonnée au tout début de la série, mais son thérapeute a visiblement oublié la panoplie du Docteur Frankenstein derrière lui.

 

Dans cet album, l’auteur et son avatar décalé filent la réflexion sur le deuil et le lien paternel amorcée dans Les Quantités négligeables. Tout dans cet album renvoie le héros et le lecteur à l’absence de ce père, ou à sa présence malgré tout par-delà la tombe : Sa mère acharnée à vivre, son frère à la dérive, les nouvelles photos du chantier naval et Pablo vieillissant, sans compter la perspective de sa propre paternité qu’implique l’intense désir d’enfant de sa compagne. Enfin, il y a ce carnet trouvé parmi les affaires de son père, dans le quel Marco cherche une clé pour comprendre le mystère de son père, et leur lien qui transcende la tombe, sans qu’on sache s’il faut l’entretenir ou le briser. Nombre de personnages sont convoqués pour répondre à cette question, la mère, le frère, l’ami, mais aussi l’éditeur, le psy, et, le dernier mais pas le moindre, le vieux Mesribes, ancien tortionnaire de la guerre d’Algérie, évoquant le gigantesque mensonge d’Etat qui la sous-tendait.

 

Ne boudons pas notre plaisir, Larcenet nous a encore offert un bijou de 9ème art aux multiples facettes. Le problème est peut-être là, justement. Les pistes de réflexion offertes sont nombreuses, trop peut-être pour être toutes exploitées avec la même profondeur, et la conclusion un peu brusque pour des interrogations si longues et si ramifiées. Ce qui reste, c’est le combat d’un homme avec la vie qui continue… voire la vie qui se crée, et personne n’y restera insensible. Enfin, il faut préciser que ce bijou est sorti dans deux écrins différents, l’un normal, l’autre paré d’un livret et d’un DVD, qui, somme toute, intéresseront surtout les fans consommés de Larcenet. J’en suis, je le reste ! Tout comme je reste fan du Clash, choisi en exergue très parlante

 

source image:   www.lemague.net

Publié dans Corps Célestes

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Guillaume 30/06/2006 15:56

Eh ben voilà qui est plutôt très complet, toutes mes félicitations ^^Par contre, pour les suggestions, je crois que je repasserai...Tu dois connaître tout ce que je lis, vu que je suis plutôt old-school ^^