Universal War One tome 6: Le Patriarche, par Denis Bajram

Publié le par M 31

Beaucoup de bonnes choses sont sorties ces derniers jours en librairie, et il a bien fallu faire un choix. Sur le collier, il y avait une perle dont j’attendais l’arrivée avec impatience, le tome 6 d’Universal War One intitulé Le patriarche. Je n’ai pas particulièrement goût à la science-fiction, mais cette série présente de solides arguments. Avant tout, c’est beau. Les dessins sont entièrement réalisés sur logiciel informatique, et ça rend vraiment bien pour les scènes de batailles spatiales et autres phénomènes cosmiques, mais aussi pour tout le reste, tant c'est préparé avec soin. Mais l’aspect esthétique n’est que l’un des atouts de cette série. L’anticipation politique y est présente, certes, mais surtout, toutes les batailles, les voyages dans l’espace et dans le temps sont sous-tendus par un questionnement humain plus profond qu’il ne semblerait au premier abord.

 

Car Universal War One,  c’est avant tout l’histoire en 2098 d’une humanité libéralement globale, partie à la conquête de l’espace et qui s’est installée sur la lune, désormais appelée Terre-2, et sur Mars, alias Terre-3. Dans cet espace qui fait figure de nouveau Far West, Le Gengis Khan de l’U.E.F (United Earthes Force) croise non loin des anneaux de Saturne. A son bord, l’escadrille Purgatory, composée exclusivement de pilotes en attente de jugement dans une cour martiale. Ces sept personnages n’ont rien en commun, sauf leurs déchéances, provoquées pour chacun d’eux par leurs propres démons. A chaque début d’album, quelques planches en noir et blanc nous expliquent comment la vie de chacun des héros a basculé pour les emmener là où ils sont. Ainsi, le peureux, le téméraire, le physicien violent, l’obsédé, la jeune fille, la femme au grand cœur et la fille de l’amiral semblent se précipiter eux-mêmes jusqu’au Mur, ce mystère astrophysique noir qui coupe le système solaire en deux, et auquel personne ne comprend rien. En entrant dans le Mur, l’escadrille se lance dans un voyage à travers l’Espace et le Temps dont personne ne sortira indemne.

 

Ce sixième tome conclue l’épopée temporelle des membres survivants de l’escadrille Purgatory, et le lecteur prend conscience de la minutie et de la logique implacable sur laquelle s’appuie l’intrigue imaginée par Denis Bajram. Chaque évènement, jusqu’au plus infime trouve sa source dans Le patriarche, et la fin apocalyptique que l’on pressentait semble le résultat nécessaire d’une terrible équation dont on ne percevait qu’une partie dans chacun des précédents albums. Les tentatives des héros pour lutter contre prennent alors tout leur non-sens tragique. Dès lors, le happy end en forme de Deus Ex Machina, où des êtres de lumière descendent des cieux pour empêcher le cataclysme, s’il ne détonne pas dans un intrigue basée sur le voyage dans le temps, semble aussi formidablement artificiel, et l’angoisse de la destruction de l’humanité par elle-même ne disparaît jamais totalement, malgré une fin où Kalish et Kate vivent heureux et font beaucoup d’enfant, et où même les pseudos citations bibliques mises en exergue prennent un sens… particulier.

Ceux qui suivaient déjà la série se jetteront  sur ce tome 6… Pour les autres, c’est l’occasion de découvrir un monument de bande dessinée.

source image: www.quadrantsolaire.com

Publié dans Corps Célestes

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Phy 03/07/2006 22:59

Eh bien je ne connaissait pas Universale War One avant mais ton article m'a donné envie de le découvrir :)  Vraiment sympa ton blog, continue comme ça =)