Avant toute chose

Bonjour à tous et bienvenue dans la Nébulleuse avec deux L, un blog consacré au 9ème art. J'y rédigerai (régulièrement?) des chroniques sur mes coups de coeurs en cases et en petites bulles. Je compte parler essentiellement des ouvrages récents et des nouveautés, mais je garderai une place pour les plus anciens. De même, si je traite essentiellement de Bande Dessinnée francophone, je ne cracherai pas sur un bon manga ou un bon comics. Enfin, je précise que les avis dans les textes présentés sont subjectifs, et je serai très heureux s'ils faisaient débat. Bonne lecture!

 

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Si certains veulent me suggérer des ouvrages, récents ou plus anciens, n'hésitez pas!

Interstellaire

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Samedi 12 avril 2008


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Ça a eu lieu entre le 29 et le 30 mars. Environ 50 dessinateurs, vingt-quatre planches chacun,  vingt-trois heures non-stop, une nuit blanche, et cinq « metteurs en ligne ». J’étais de ceux-là.

J’aimerais vous dire que l’ambiance était géniale, plusieurs dessinateurs regroupés dans un petit atelier tourangeaux pour une nuit passée à plancher sur un thème gracieusement fourni par les éditions en ligne Foolstrip. Hélas, comme nombre d’entre vous le savent, je suis parisien, et (malheureusement) je le reste. Pour ce qui est de l’ambiance bon enfant,  adressez-vous aux blogueurs de Tours.  En ce qui me concerne, ce fut une longue nuit d’acarien posé sur la moquette, mon ordinateur sur les genoux et une bouteille de Cola à portée de main. Levé à 11h pour être frais et dispos à 13h, j’attendais de pied ferme les premières planches de mes dix « petits protégés », participant à ce marathon, avec 3 onglets Firefox. Un pour le site, un pour l’interface de mise en ligne, et une d’imageshack.us pour héberger les images. Après quelques péripéties, je me dois d’assurer.

Les premières heures sont vides. Je bouquine en attendant de recevoir les premiers e mails. A 16h30, je m’inquiète. A 17h15, Douze m’envoie sa première planche. Pendant que je m’ennuie, ils doivent tous être entrain de phosphorer plein tube façon néon. Mon mail de revue des troupes obtient quelques réponses à ce moment-là, et tombent les premiers dessins… A noter, Kineko, qui dit singulièrement manquer d’idées. C’est entre 17h 15 et 17h30 que je réalise la difficulté principale du rôle de metteur en ligne. Outre l’ardue perspective de tenir toute la nuit jusqu’à 13h le lendemain, les artistes trouvent le moyen de me bombarder en escadrille. A ce titre, je tiens à maudire plus particulièrement Jepeh et Taillefer, qui envoyaient leurs pages par pack de trois ou quatre.

Un salut particulier à Castor et Dr Truite, muets toute la nuit, envoyant 48 planches d’un coup peu avant la fin. Sans rancune, messieurs. Turalo a pris le relais.


Entre 20h et minuit, télé bruisse, et 2 litres cola viennent renforcer mon endurance pas encore prise en défaut. Les histoires se développent, partant parfois très loin, mais il y a quelque chose de surprenant à voir l’histoire se développer quasiment en direct live sous ses yeux. Certains partent trèèès loin. D’autres trouvent juste un chemin un peu particulier. Minuit, la télé ne m’aide plus. Les retardataires s’y sont mis. Une fois résolus les mystères propres à l’interface de 20six, la mécanique est bien rodée. La première planche de Kant1 et celles de Stephenchoco ont essuyé les plâtres… N’empêche, je garde en mémoire les trois dernières pages de Toune, récalcitrantes sous mes doigts tremblants, cola vidé, l’œil liquéfié sur l’horloge. Passé 9h du matin, ce marathon BD devenait une performance physique. Au milieu de la nuit, j’actualise mes e mails comme on cède à un trouble obsessionnel compulsif. Pour passer le temps, j’envoie quelques messages de remotivation des troupes, encourageant ceux qui avancent, réconfortant ceux qui coincent.


J’ai déjà écrit ici à quel point j’aime voir un dessinateur travailler. Il y avait de cela dans ce que j’ai fait hier soir. C’était étrange. Parfois, certains artistes proposent des histoires à suivre sur leur blog. Ce fut notamment le cas de Paprika aux jeunes amours. Voire une histoire se développer pages après pages, ou ou publiée par grappes dans les magazines comme Spirou, c'est une chose. Pour les participants aux 23 heures de la BD, il s’agissait d’un défi, voire d’une épreuve physique. Enfin, je suppose, je n’y étais pas. Les artistes présents à l’atelier POP à Tours ont eu là l’occasion de faire des rencontres, de relever un défi de façon conviviale. Qu’en fut-il de ceux qui travaillait chez eux, seuls, leur table à dessiner, armé d’un crayon et, selon les cas, d’une cafetière, d’un tube de vitamine C, substance illicite, ou autres bouteilles de coca ? A la lecture, une constante demeure, qui fait la spécificité de l’exercice : l’urgence. Ceux qui trouvent immédiatement un fil rouge, ceux qui blanchissent la nuit en cherchant l’idée lumineuse, le manque de sommeil encrassant les neurones. Le récit prend-t-il une trajectoire particulière, influencé par la vitesse nocturne ?


Réponse plus tard, je n’ai pas encore tout lu. Ma vie a suivi son cours poussif le lundi matin… Et je n’ai pas tout lu durant la nuit. Je vous recommande malgré tout les quelques lectures que j'ai faites.

Merci à Piak et Turalo, les organisateurs.

Kineko
Kant1

Taillefer
Les organisateurs Piak et Turalo.
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Jeudi 27 mars 2008


C'est ce week-end, et j'y serai.
par M 31 publié dans : D'autres galaxies lointaines, très lointaines
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Samedi 8 mars 2008

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A défaut d’avoir une vie sociale, le bédéphile a parfois une famille. La preuve, la semaine dernière, c’était l’anniversaire de mon cousin. L’avantage, c’est que cette branche de mon arbre généalogique connait, accepte et profite amplement de ma bédéphilie notoire et de mon prosélytisme en la matière. L’inconvénient, c’est que j’étais, pour cette occasion, totalement en manque d’idée. La fin d’une belle série. A Noël, un peu avant et un peu après, j’avais assuré dans le rôle du Cousin Noël imberbe. Enfin, mes idées on eu l’air de faire plaisir. Cet air-là soulage les muscles intercostaux. Sa sœur avait aimé Max et Nina, et sa mère apprécié le Brest Of de Miossec. Lui… Même l’intégrale anglophone des Titans que je lui offrais, prenant de vitesse la publication française de plusieurs mois, n’a pas trouvée l’occasion d’être lue. Certes, je revenais seulement de Londres, et non des mines d’or du Mexique, mais cette pépite là devait faire briller ses yeux au moins aussi fort… Petit Con.

 

Certes, du haut de ses 1m 85 avec un quatorzième balai dans les pattes, ça reste un fan de Naruto Uzumaki, mais de l’avis-même de sa mère, je pouvais éventuellement commencer à miser sur plus ambitieux que Zep. Il est Grand, il est Blond, et ses joues roses commencent à piquer. Puberté, Il voit ton nom écrit dans le miroir tous les matins en se rasant. Les deux volumes d’Eragon qui squattent sa table de chevet indiquaient assez clairement son goût de l’heroic fantasy… mais passé cela, j’étais perdu. Je ne connais pas grand-chose à ce genre majeur (au moins en termes de ventes) du neuvième art. Mon enthousiasme a déjà fait trop de bonds, et mon portefeuille a déjà multiplié les acrobaties lorsque je pose finalement les yeux sur ce rayon. Les limites sont aussi celles du compte en banque.

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Déterminé, malgré tout, à offrir au Grand un album dont je puisse garantir la qualité, j’ai orienté ma recherche vers un récit noblement encapé en vue d’un duel à l’épée, et finalement choisi La marque du Diable, le premier tome de la série Le Scorpion, de Marini et Desberg. Un chasseur de trésor émérite, séducteur impénitent à la virilité aussi redoutable que sa lame se lance dans la quête de ses origines qui le mènera jusqu’aux secrets les mieux cachés de la chrétienté… Des couleurs faites à la main, des cases qui ne sont pas loin de peintures renaissance, des rebondissements nombreux impliquant des personnages charismatiques comme Mejaï, le Cardinal Trebaldi, ou Rochnan… La qualité du récit y est soulignée par un graphisme très soigné, et l’ensemble ne se résume pas un énième complot de l’Eglise vieux de plusieurs siècles. Le début du second cycle recentre l’intrigue sur l’essentiel : l’affrontement entre le nouveau pape et son rejeton illégitime. Le premier y gagne en profondeur, et le second, une noirceur lui réussit bien...

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Dans la même veine, j’aurais volontiers tenté le De capes et de crocs d’Ayrolles et Masbou, mais j’ai craint que le côté moliéresque qui fait tout le sel de cette série ne soit indigeste à mon collégien préféré. Pour lui, les alexandrins sont encore synonymes de devoirs à faire sur des textes somme aux styles (hostiles ?) surannés. J’ai craint de le braquer. Mais j’espère l’initier à la Rixme un jour prochain.

 

Joyeux Anniversaire, Petit Con.

 
Je t’embrasse.

 

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Dimanche 10 février 2008
Cet article est inspiré d'un texte trouvé chez  Mlle A.  Si quelqu'un se sent en verve pour reprendre le flambeau...

Rétrospectivement, il se demande ce qu’aurait pu être sa vie s’il n’avait pas accepté ce poste de préposé à la photocopieuse chez Chemicals Incorporated… Rien que d’y songer, il en a le vertige. Et si…

Et s’il avait cerclé de rouge une autre annonce ?

Et s’il avait eu le trac pendant l’entretien ?

Et s’il avait refusé ce poste dans un grand groupe chimique industriel ?

Et s’il s’était agi d’un autre travail ?

Et s’il n’avait pas eu si furieusement envie d’une promotion ?

Et s’il n’était pas resté si tard dans cet immeuble isolé ?

Et si la photocopieuse n’était pas tombée en rade ce fameux soir ?

Et s’il était rentré chez lui, cette nuit-là ?

 

Pourquoi l’aurait-il fait ? Le temps de rentrer, il n’aurait eu que quelques heures de sommeil, et son petit studio de 15m² n’est finalement pas moins glauque que ces bureaux plongés dans la pénombre… A l’exception du sien. Ça ne le changeait pas tant de sa vie d’étudiant, il avait déjà découché pour boucler un devoir.

 

Et s’il avait pris l’escalier ?

Et si l’ascenseur avait pu s’arrêter à un autre étage que les sous-sols ?

Et si le gardien ne s’était pas assoupi ?

Et s’il avait été obligé de s’arrêter au portique ?

Et si les reflets jaunes fluo des cuves n’avaient pas attiré son œil ?

Et si sa curiosité ne l’avait pas poussé à explorer plus avant ?

Et si le ballet des ombres et des reflets flashy ne l’avaient pas fasciné ?

Et  s’il avait trouvé une autre photocopieuse ?

Et si la photocopieuse ne s’était pas prise pour le balai ensorcelé de Fantasia ?

 

Avec le recul, c’est là que l’histoire avait pris un mauvais tour méchamment orwellien… Pourquoi la photocopieuse se trouvait-elle près des cuves ? Comment se fait-il que cet appareil ait également fait un caprice ? Qui plus est, un caprice qui l’a menée comme par hasard à percuter la console adjacente ?

 

Et si la photocopieuse n’avait pas fait de surchauffe, vomissant coup sur coup des montagnes anarchiques aux formats A4 et A3 ?

Et si l’encre n’avait pas dégouliné des circuits électriques jusque sur ses mains ?

Et s’il s’était contenté de fuir le désastre qu’il avait provoqué ?

Et s’il n’avait pas chercher à débrancher son balai ensorcelé de Fantasia ?

Et si l’appareil ne s’était pas mis à trembler ?

Et si des roulettes n’avaient pas été fixées sous la machine infernale ?

Et si elle avait percuté autre chose que cette absconse console ?

Et si  les voyants et les circuits de la console n’étaient pas devenus un technologique Toro de Fuego sifflant ?

Et si la cuve ne s’était pas soudain changée en jacuzzi ?

Et si le laboratoire n’était pas devenu un gigantesque et incongru son et lumière ?

Et s’il avait pu choisir, il n’aurait pas pris Jean Michel Jarre comme sponsor de son instant cardinal…

 

Aujourd’hui, les souvenirs de cet instant sont flous…L’alarme s’était déclenchée et avait répandu sur les murs et au plafond une automatique hystérie rouge et bleue… Les produits chimiques menaçaient de déborder et la photocopieuse s’était mise à convulser… Il s’était penché pour la débrancher, et il avait pris le tiroir à feuilles vide en plein visage… L’alarme continuait de hurler, les produits chimiques dégoulinaient au sol, et les montagnes de papier imprimé menaçaient de le submerger…

 

Et si tout ça n’était qu’un cauchemar particulièrement réel ?

Et s’il avait réalisé, sur le coup ?

Et s’il était resté pour essayer de comprendre ?

Et s’il n’avait pas fui ?

Et si tout cela n’était que le fruit du hasard ?

Et si, au contraire, il n’y avait pas eu de hasard ?

Et si son manager ne lui avait pas donné cet énorme pavé à remplir pour la première heure le lendemain ?

Et si son supérieur avait fait exprès ?

Et si lui-même avait su ?

Et s’il avait pu changer le cours des choses ?

 

 

Il laisse jaillir une un format A4 entre ses doigts. Le pantin en face de lui s’est mis à gémir. Le brouillon roulé en boule dans sa gorge le fait suffoquer. Le mur de papier autour du Chief Executive Officer empêche celui-ci de fuir sans qu’il puisse comprendre comment ses formulaires de commandes de produits chimiques peuvent être impossibles à déchirer… Ni comment son inquiétant vis-à-vis a fait apparaître des feuilles aux angles affutés… Ce qu'il ne sait pas, c’est que le mélange qui s’est renversé la nuit dernière dans les sous-sols ont transformé son sous-fifre souffre douleur en véritable photocopieur vivant capable de faire jaillir de son corps autant d’imprimés qu’il le souhaite, et de les contrôler comme autant de membres de son propres corps… Le papier et l’encre sont désormais des parts constitutives de son être. Il contrôle toutes les copies qu’il crée, et la dernière est venue se loger à l’entrée de la trachée de son patron.

 

Et s’il arrêtait tout maintenant ? Personne ne croirait ce tyran tentaculaire en costard cravate…

 

Un geste de la main. C’est fou comme l’habitude lui est vite venue, depuis qu’il a pris conscience de ses nouvelles capacités. L’ébauche de liste produits s’enfonce profondément à la rencontre de la glotte d’un homme d’affaire peu scrupuleux. Ça y est c’est fait… Maintenant, faire marche arrière est impossible. Mais personne n’en sait rien… Parce que personne ne marche jamais dans cette sombre impasse. Tout le monde s’engouffre dans la bouche de métro voisine. Ainsi fait le préposé à la photocopieuse.

 


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Jeudi 4 octobre 2007
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London Calling, The Clash

(Strummer/Jones)

London calling to the faraway towns

Now that war is declared-and battle come down

London calling to the underworld

Come out of the cupboard, all you boys and girls

London calling, now don't look at us

All that phoney Beatlemania has bitten the dust

London calling, see we ain't got no swing

'Cept for the ring of that truncheon thing

 

CHORUS

The ice age is coming, the sun is zooming in

Engines stop running and the wheat is growing thin

A nuclear error, but I have no fear

London is drowning-and I live by the river

 

London calling to the imitation zone

Forget it, brother, an' go it alone

London calling upon the zombies of death

Quit holding out-and draw another breath

London calling-and I don't wanna shout

But when we were talking-I saw you nodding out

London calling, see we ain't got no highs

Except for that one with the yellowy eyes

 

CHORUS

 

Now get this

London calling, yeah, I was there, too

An' you know what they said? Well, some of it was true!

London calling at the top of the dial

After all this, won't you give me a smile?

 

I never felt so much a' like

  ...

Coming soon…

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