Avant toute chose

Bonjour à tous et bienvenue dans la Nébulleuse avec deux L, un blog consacré au 9ème art. J'y rédigerai (régulièrement?) des chroniques sur mes coups de coeurs en cases et en petites bulles. Je compte parler essentiellement des ouvrages récents et des nouveautés, mais je garderai une place pour les plus anciens. De même, si je traite essentiellement de Bande Dessinnée francophone, je ne cracherai pas sur un bon manga ou un bon comics. Enfin, je précise que les avis dans les textes présentés sont subjectifs, et je serai très heureux s'ils faisaient débat. Bonne lecture!

 

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Si certains veulent me suggérer des ouvrages, récents ou plus anciens, n'hésitez pas!

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Samedi 22 mars 2008


Le combat ordinaire, tome 4 : Planter des clous, Par Manu Larcenet chez Dargaud.

Dans le billet précédent étaient évoqués les œuvres que l’on trouve décevantes à force d’avoir fantasmé le plaisir de les lire. C’était manière de conjurer le sort qui menaçait de s’abattre sur le dernier volume de la série qui révéla Manu Larcenet au grand public en 2003, à la faveur du festival d’Angoulême… Mais au final, l’histoire du photographe angoissé se termine en beauté.


L’ultime opus commence dans une forêt en noir et blanc, d’où surgit Marco, visiblement poursuivi. Il chute et se casse la jambe… Mais une petite fille sort à son tour du néant blanc pour le soigner, à l’aide d’un instrument en plastique et d’un bisou. Ouf, ça va mieux… Marco et Emilie sont désormais les parents d’une petite Maude. Devenu photographe dans le canard local, le héros cherche le mode d’emploi pour communiquer avec sa fille. Dans le même temps, il apprend de la bouche de son ami Pablo que le chantier naval où travaillait son père et ses amis est voué à disparaître. Décidé coûte que coûte à venir en aide aux ouvriers, il se heurte pourtant à l’indifférence du futur retraité… Le combat ordinaire est une petite mélodie familière que l’on retrouve avec bonheur. Depuis le premier volume, confronté au doute et à la souffrance, le héros trouve ses réponses dans les diverses rencontres qu’il fait, centre d’un chant choral ici parfaitement accordé.


En l’occurrence, Marco se retrouve au pris entre deux extrêmes : son enfant, curieuse et passionnée face au monde qui l’entoure, et… Pablo. Le compagnon de galère de son père, que l’on redécouvre désabusé, sans illusion sur l’avenir du chantier malgré la mobilisation, ni sur son passé de militant, d’ouvrier. Un peu nihiliste et un peu perdu, le jeune père est obligé de revoir ses idées et son rapport au monde à l’aune des jeunes yeux à qui il faut tout expliquer. Expliquer, cela veut dire trouver un sens, ou au moins comment ça marche, et pour cela trouver des mots. C’est pas chez nous ici, c’est chez les écureuils. Condamné à ne pas hurler pour se faire entendre, le héros trouve peu à peu ses marques, dont il réalise qu’elles ne sont pas si éloignées de celles de son propre père, mort à la fin des Quantités négligeables. A l’opposé se trouve Pablo. Vieux métallo à un an de la retraite, c’est lui qui demande au photographe de faire venir la presse sur le chantier en grève, mais sans jamais s’impliquer. De toutes façons, il partait en retraite dans quelques mois, et une année de salaire fait office de golden parachute. Je suis à un âge où nier la défaite n’avance plus à grand-chose… avoue-t-il. Pablo est blasé par désespoir. Un désespoir qu’il laisse jaillir tout au long d’une nuit blanche dehors, entre le 6 et le 7 mai 2007, crachant un triste fiel sur ce que 30 ans de chantier, de politique et de combat ont fait de lui. En dernier ressort, le vieil homme demande : T’as pas une photo de ta fille ?


Entre ces deux extrêmes, toute une gamme de personnages, de nouveaux et de plus anciens. Le frère est absent, mais Emilie n’a jamais été aussi présente. Plus que jamais, elle est là pour sortir son homme de la cacophonie de ses questions existentielles, qui font de lui un prophète de la fin du monde: Demain c’est pas possible… Maude a sa première leçon de poney club, sans pour autant faire l'impasse sur les moments de ras le bol. Sa mère qui , mine de rien, le pousse à avancer alors qu’il évoque ses racines sur le chantier, Son psy, qui fait deux apparitions pour le moins vides de sens, Franck, journaliste du canard local amateur de sordide, exemple de ce que Marco ne veut pas devenir… Enfin, le vieux Mesribes, qui apparait juste le temps de mourir. Sans compter cette femme anonyme, venue régler ses comptes avec la tombe de son mari qu’elle ne regrette plus. Faut-il que la vie t’ait laminé… qu’elle te soit passée dessus comme un train…Pour devenir cet égoïste abruti haineux et sans compassion aux côtés duquel j’ai tout raté. Ces rencontres sont plus courtes, plus légères, moins verbeuses que précédemment dans Ce qui est précieux. Les stations réflexives en noir et blanc du éros se font moins nombreuses, et les scènes quotidiennes, au contraire silencieuses, se multiplient. Les questions, l’obsession du sens se fait moins présente, moins assourdissante.


C’était le dernier tome. Quatre albums pour un récit à la portée psychanalytique évidente. Une fiction étrange où les personnages ressemblent aux bonshommes des enfants, où le chantier qui meurt se peint en camaïeu de gris, et où le rouge qui colore les crises d’angoisses est nettement moins présent qu’au début. Une recherche sur la filiation et une quête de sens. Le héros a pris en épaisseur, le dessin plus varié de ses yeux le prouve également. C’en est presque… didactique. Certes, Manu Larcenet n’a jamais caché qu’il injectait beaucoup de lui-même dans ses œuvres, mais l’émotion (non loin du désespoir) dans le questionnement sur l’avenir est malgré tout saisissante. La sincérité de l’auteur est désarmante, qui fait de succès de librairie et de critiques bien plus qu’une auto évaluation nombriliste, quoique bédéphile. Le décalage entre le photographe et l’illustrateur est ici salutaire : proches comme des frères, mais on en dirait pas tant s’il s’agissait de soi. On ne parle peut-être pas de l’humain en fixant son nombril.


Planter des clous ne donne pas confiance en l’avenir, mais il le fait avec un talent qui le rendrait presque supportable.


source image: http://iddbd.canalblog.com/

par M 31 publié dans : Supernovas
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Jeudi 21 février 2008
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Un Objet Culturel Non Identifié, par Thierry Groensteen aux Editions de l'an 2.

Avec les dédicaces et les rencontres, c’est le troisième grand morceau du festival d’Angoulême : les rencontres internationales de la Bande Dessinée, des conférences où s’expriment des auteurs, des journalistes et des théoriciens autour des problématiques qui sont celles de la Bande Dessinée aujourd’hui. Chaque année, j’essaie d’en faire au moins une. Cette année ce fut Penser la Bande Dessinée . Il fallait moins regarder l’intitulé de la conférence que la liste  des intervenants : Jean-Paul Jennequin, journaliste bédéphile, Thierry Groenstenn, qui  a dirigé le CNBDI durant 10 ans, et les éditions de l’an 2 aujoud’hui. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la théorie de la bande dessinée. Benoit Peeters, l’auteur des Cités Obscures. Scott McCloud, dont l’ouvrage Understanding Comics a été récemment publié chez Delcourt sous le titre l’Art Invisible, un livre sur la Bande Dessinée… en Bande Dessinée qui a été édité pour la première fois en 1993. 

Le sujet se situait dans la droite ligne de celle que j’avais vu l’an dernier : il faut dire qu’il y était question d’Objet Culturel Non Identifié, le dernier livre de Thierry Groensteen, aux côtés de Benoît Peeters (déjà lui) et Jean-Christophe Menu, le patron de l’Association. En 2008, les quatres intervenants phosphoraient sur la façon de considérer la bande dessinée dans ses nouveaux supports, notamment les blogs, comme la technique narrative de la case du strip et de la planche (ceux qui ont un crayon dans le prolongement naturel de leurs doigts apprécieront). Dans le même temps, Groensteen revient sur sa vieille lune: à savoir la reconnaissance institutionnelle de la bande dessinée. Ce vieux satellite bédéphile est familier à votre serviteur, qui le fréquente lui-même de façon très régulière. S’il m’est permis de donner une opinion, je crois qu’un des aspects de la question vient de ce que, contrairement au cinéma, la bande dessinée a connu son âge industriel avant même d’avoir eu ses penseurs théoriques, Toppfër ayant laissé le sujet en plan au milieu du chemin, alors que la pellicule a connu des gens comme Bazin ou Guitry, qui a même commencé par une tournée de conférence contre le cinéma, avant de s’y intéresser lui-même. Il n’est meilleur défenseur que celui qui vous a attaqué. Au moins techniquement. Pour le 9ème art, Scott McCloud a suivi Kirby de plusieurs dizaines d’années, et Thierry Groensteen est venu  longtemps après Hergé. La question se pose d’autant plus que le multimédia peut faire évoluer un format qui suscite déjà certaines méfiances.

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Edition Française de Understanding Comics, par Scott McCloud, traduction de Dominique Petitfaux, chez Delcourt

Là-dessus, Peeters a une position intéressante. D’après lui, il faudrait se méfier de trop vouloir faire entrer la bande dessinée à l’université, car cette dernière fait office de gardienne de connaissances qui sont souvent figées. Or, ce qui nous plait dans la bande dessinée, c’est sans doute aussi cette forme de spontanéité qu’elle n’a pas encore perdue. C’est peut-être vrai. Allez savoir… En général ceux qui se méfient de la bande dessinée ne sont pas les universitaires, ou alors pas le plus violemment. Faute de connaissances, le plus souvent. Ça se soigne, mais pas à dose homéopathique. Comme dit plus haut, Angoulême est le plus grand public des festivals bédéphiles, mais pas le seul, et sans doute pas celui où l’on fait le plus de découvertes. Benoit Peeters n’a pas tort, on peut se passer de la reconnaissance de la BD dans les universités. Peut-être dans d’autres cercles notamment celui des médias. Surtout lorsque l’on sait la part qu’elle prend dans le marché de l’édition. La reconnaissance du ventre peut avoir de l’élégance. Mais d’une façon générale, trop nombreuses à mon goût sont les petites mains audacieuses que l’on laisse dans l’ombre. Il ne suffit pas de lire un Riad Sattouf ou un Trondheim quand il sort pour connaître la BD. Pas plus qu’il ne suffit d’un Woody Allen pour être cinéphile.

 

Quoi qu’il en soit : une vérité s’impose, dans mes tripes plus autant que dans mon cerveau : ça fait du bien d’écouter causer des gens qui maîtrisent et qui aiment à ce point un sujet qui me passionnent.

 

 

 

Merci, Messieurs.

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Vendredi 15 février 2008

… Ou plutôt l’inverse, car c’est en général la petite combine qui précède l’indicible plaisir de voir travailler un artiste sous vos yeux, couplé à celui, nettement plus coupable, de frimer devant les copains… Ceux qui comprennent la valeur d’un dessin et d’un paraphe au-delà de la valeur pécuniaire d’un album, et qui, s’ils ne connaissent pas forcément  Dupuy et Berberian –ça arrive- comprennent ce que représente de voir dessiner sous vos yeux les responsables de votre premier émoi case&bullesque.

 

 
A me lire, comme ça, au débotté, on croirait volontiers que je n’ai eu que cette dédicace de Dupuy et Berberian… Et c’est vrai qu’elle prend une saveur particulière depuis le temps que je l’attendais, et l’année de leur consécration, puisqu’ils ont reçu le Grand Prix de la Ville d’Angoulême. Ils seront président bicéphale du Jury l’année prochaine. J’avoue être d’ores et déjà curieux de voir le résultat : Ces deux-là ont eu, avec leur série Monsieur Jean, l’inspiration de cette figure du trentenaire sentimental, bien avant son succès qui lui fait aujourd’hui concurrencer la ménagère de moins de 50 ans au rang des mythes statistiques.  Mieux encore que de l’avoir trouvé avant  les autres, ils ont su le quitter, avec leur série sur les bobos  pour Fluide Glacial, le livre illustré Une élection américaine, ou le livre-disque Françoise (j’en ai déjà parlé ici). En un mot, non seulement, ils ont des idées, mais ils ont le bon goût de les renouveler. Dernière valeur ajoutée : il a fallu batailler pour obtenir la dédicace… Il fallait acheter l’album le jour même, c’est-à-dire revenir faire une file d’autant plus longue que nous n’étions pas les seuls acharnés. Foin d’une quelconque éthique, j’ai soudoyé la personne qui gardait la sortie avec mon beau sourire, et j’ai pu passer en caisse très vite, le précieux sésame coincé  dans la couverture du livre. Quand j’y pense, les autres fans devraient me détester.

 

 

 

Faisons taire le fan une seconde : Il y eut d’autres dédicaces dont plusieurs chez Soleil. Les nouvelles divisions de la collection Solaires, dirigés par une ancienne de Dupuis Expresso, paraissent prometteuses. J’attendais pour la première, celle de Jung, pour son album Couleur de peau : miel (Boussole). L’auteur nous raconte sans pathos, mais entièrement au lavis, comment, de sa Corée natale, il fut adopté par une famille belge, et son sentiment sous-jacent d’exclusion, de déracinement, et le questionnement intime qui en découle. Doit-il haïr ou remercier les personnes responsables de son adoption ? Sobre et beau. Toujours est-il qu’attendre de 10h à 11H, c’est long… Cinq ou six personnes attendaient derrière moi, et une à côté : Brice Cossu était seul avec son album Rémission. Pour tromper mon ennui, j’ai regardé l’exemplaire, et j’ai été surpris : il y a bien une quête, mais point d’épée, point de monde à sauver, et le seul chevalier présent est pour le moins fantomatique et décrépit. Les teintes sont beiges et le dessin soigné. Le temps d’aller alourdir le sac, Brice Cossu fit bien que mieux qu’aider à patienter, et il est sympa. Deux dédicaces et un constat : Soleil a élargi sa ligne éditoriale. Pourquoi pas ? Dans tous les cas, si vous trouvez Brice Cossu sur une étagère, feuilletez-le… Ne serait-ce que pour vous faire un avis. Pour finir, je laisserai la surprise fumante des dédicaces de Christophe Arleston… Pour une fois qu’un scénariste a des dédicaces qui valent le coup d’œil…

 

 

 

Toujours au chapitre des monstres sacrés, Coyote était présent. LE Coyote. Celui de Litteul Kévin et Mamouth et Piston, avec les motos, les gros bikers poilus et les jeux de mots de la grande époque de Fluide. Bonne nouvelle: il est prévu un nouvel alum du mini audiard à moto… Simplement un ouvrage pour développer l’univers des Voisins du 109, et ses personnages  qui inspirent à leur auteur une tendresse manifeste…

 

 

Vous êtes prévenus, Une séance de dédicace avec Coyote tient du purgatoire, tant il met tout à la fois vos nerfs au supplice, et vos mirettes aux anges une fois que vous y êtes. Et ce n’est pas qu’une figure de style. Vingt minutes par personne minimum. Au point que la sécurité vint nous demander de sortir, lorsque nous étions juste derrière la personne dont l’album était caressé par les ustensiles du Maître. La frustration aurait dû faire une quinzaine de morts au bas mot… Mais Coyote s’est excusé, et a délivré deux tickets pour les personnes restantes, avec injonction de ne pas refaire la queue en revenant le lendemain… Un Grand Chef joue des tours, surtout avec ce totem précis. Le lendemain, je passe devant tout le monde avec une gêne certaine, combien d’indélicats ai-je fusillé de mon sniper occulaire… ? Une seule solution, courber la tête sous le poids des gémonies ravalées, et trouer la moquette de mes pupilles rivées au sol. Ça valait le coup de courir entre les balles : Monsieur Coyote est gentil, monsieur Coyote communique, monsieur Coyote lie contact, et il veut une dédicace personnalisé pour chaque auteur… D’où le caractère codé du hérisson faisant du trapèze volant. Sans rire, cet homme est un phénomène aux cheveux longs.

 

Le temps passant, il justifie que la suite fasse l’objet du prochain article.

Correction: Il était écrit dans le paragraphe sur Coyote qu'aucun album de Litteul Kévin n'était en préparation. Le numéro du Strip de janvier 2008 me donne tort, en publiant un gag inédit. Encore pardon. 

 
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Mercredi 6 février 2008
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Pour un blog bédéphile, le Festival d’Angoulême était l’occasion d’une énième résurrection. Bodoï peut bien titrer sur ses doutes quant au caractère essentiel de ce festival, il n’en reste pas moins le plus connu en France et le plus « Grand Public ». En un mot, c’est LA période de l’année où je ne suis plus frustré par la mauvaise volonté de mon entourage non-bédéphile. Le plus souvent, le visionnage du JT de 20h nous fait au moins un sujet de conversation commun en cette période de l’année. Paradoxalement, je suis aussi souvent outré par l’ignorance crasse et manifeste des journalistes qui réalisent les sujets sur les auteurs. Notamment celui de France 3 sur Un peu avant la fortune, oubliant de préciser que cela fait 15 années bien tassées que Dupuy et Berberian travaillent à quatre mains pour le dessin et le scénario et que Jean-Claude Denis, qui signe ce beau récit des quelques jours avant le changement radical et définitif d’une vie, ne fait pas partie du duo historique (ce qui n’enlève rien à la qualité intrinsèque de sa contribution).  

A la vérité, l’édition 2008 s’est mieux passée que l’an dernier, pour une raison simple : les « bulles » espaces où se déroulaient les évènements étaient bien plus rapprochées les unes des autres. Ce qui se gagne de temps dans les trajets étaient réinvesti dans les files d’attente. Vous piétinez avec nettement plus d’entrain devant un auteur quand vous n’avez quelques centaines de mètres de côte dans les pattes. Alors, certes, il serait possible de fustiger le prix des entrées, le fait qu’une bulle entière semble avoir été réservée  pour les éditions Soleil et Panini. Il est vrai que les éditeurs plus modestes comme Pavesio ne peuvent guère rivaliser avec la présence de Gabriel Dell’Otto, ou les dix-huit  auteurs présents dans un cercle de tables qui présentent, autant pour la taille que pour l’ambiance décontractée, des ressemblances  avec mon salon mis à la puissance 10. Dimension fantasmatique supplémentaire : la présence de Christophe Arleston et Denis Bajram.

Dans un autre registre, la groupie bien planquée en mon cœur de pierre pourrait évoquer les diverses dédicaces, les courses à l’album motivée par cette baise organisée qu’est le système de tickets à retirer en caisse pour pouvoir prétendre voir certains artistes pratiquer… Baise organisée pour laquelle il faut s’asseoir sur ses principes. D’aucun aurait songé à coupler le tube de vitamine C avec celui de préparation H. Cela, et dans le désordre : le stand du fanzine Anachronique, l’exposition du président du festival sur la Bande Dessinée d’Argentine, la conférence de Scott Mc Cloud, Thierry Groensteen et Benoit Peeters, celle de Jose Munoz, Guy Delisle et Christophe Ono-Dit-Biot, et le braquage  continuel des stands d’éditeurs à la carte bleue brulante. 

A l’inverse, le déprimé retardataire se bouffe les doigts d’avoir raté Ange, la conférence sur le reportage BD, le concours d’impro BD, la remise des prix « Blogs BD »… On arrête là. Rien que d’y songer…  Je me demande si ce coup de froid en valait la peine.

Enfin, il faut rendre une grâce supplémentaire à Cécile, à Julien, au chat, à Nasser, Heinz et Fred… Entre autres. On revient toujours du dernier week-end de janvier angoumoisin avec des bulles pleins les yeux (globuleux, oui. On dort pas forcément beaucoup, quatre jours livré à son vice), mais on revient rarement avec la matière pour les remplir. Merci à eux.

 

… Bien entendu, je risque de développer un peu dans les jours qui viennent… Par quoi je commence ?

 

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Lundi 24 septembre 2007

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Saint Seiya, par Masami Kurumada

Il existe des œuvres qui vous marquent sans que l’on comprenne exactement pour quelle raison. Ainsi, les personnages de Saint Seiya ornent un large pan de mur dans la chambre de votre serviteur. Pourquoi eux, plutôt que Sangoku, Piccolo et Bulma (Aaaah… Bulma…), pour ne citer qu’eux ? Ou Naruto, pour prendre un exemple récent? Peut-être parce que, entre cinq et dix ans, l’imagination se nourrit de tous les héros qui passe à portée d’œil et de tube cathodique. Or, Seiya, Shiryu, Hyoga, Shun et Ikki étaient présents partout à l’époque.



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Pour ceux qui n’ont pas suivi, il est bel et bien question de Saint Seiya, plus connu comme Les chevaliers du Zodiaque en français, ce dessin animé qui a fait les grandes heures du Club Dorothée. Petit cours de rattrapages pour ceux qui ont vécu les vingt dernières années dans une grotte, ou simplement pour les plus jeunes d’entre nous : L’histoire est celle d’orphelins élevés pour devenir des guerriers au service de l’incarnation de la déesse Athéna, protectrice de la Terre par ordre de Zeus son père lui-même. Chaque chevalier possède une constellation protectrice dans le ciel, et selon son grade (bronze, argent ou or), son armure et de plus en plus couvrante et il maîtrise de mieux en mieux une forme d’énergie nommée cosmos, ou cosmo-énergie, une sorte de sixième sens. Les chevaliers d’or, pleinement éveillés au cosmos, possèdent même un septième sens… Et il en existe d’autres.

 

Foin de circonlocutions. La structure narrative est linéaire et répétitive. Trois sagas, trois groupes d’ennemis en armure qu’il faut vaincre en un temps donné, pour éviter que la réincarnation d’Athéna, Saori Kido, ne meurt, et que l’humanité ne soit détruite par un dieu aux yeux duquel elle est irrémédiablement corrompue. Ils sont douze, ils sont sept, ils sont cent huit… Chacun les siens, Seiya, le héros éponyme de la série se charge du premier et du boss de fin de niveau. Ce qui compte, c’est l’affrontement de deux volontés farouches, le choc de deux auras qui se frôlent, et les totems, monstres et créatures mythiques qui déteignent sur leurs protégés. L’impétueux Pégase, le sage Dragon, le Cygne glacial, Andromède le pur, l’immortel Phénix, et tous leurs adversaires. Tout le symbolisme des combats, et le cosmos, métaphore dévoilée de la volonté du combattant, qui flamboie plus fort, qui porte plus haut le guerrier abattu, voire l’apprenti-cadavre, prêt à sacrifier ce qui lui reste de vie. Eloge de la volonté inébranlable, force de l’Espoir, de la Justice et de l’amitié bien trempée dans le sang de l’adversaire, fût-il un camarade, tout y est, majuscules en tête.

 

Il serait difficile d’évoquer Saint Seiya sans parler de tous les à côtés qui ont entretenu la légende vingt années durant. Le dessin animée, son doublage foireux, mais la conviction profonde des acteurs qui prêtent leurs voix à de multiples personnages. Les rajouts crées pour que la diffusion télévisée au japon ne rattrape pas la publication de l’histoire dans le Shonen Jump : Les personnages improbables, comme ces chevaliers des mers qui se battent en combinaison de plongée, Spartan, les chevaliers d’acier issus de la technologie, et dans une moindre mesure, Okko et Crystal. Personnages inventés avec plus ou moins de bonheur, souvent sources d’incohérences scénaristiques. Il faut toutefois saluer la finition de la saga Asgard, inspirée des légendes du nord, et créées exclusivement pour l’écran. La musique, aussi. Pas le générique régressif de Bernard Minet, l’autre. Pegasus Fantasy, celui du japon et les autres. Pour l’ambiance qu’elles créent. Il y a aussi les figurines, les anciennes et les nouvelles, les Myth Cloth, dont font collection certains de mes amis (Salut, Rico ^^), que c’en est impressionnant. Ceci dit, c’est vrai qu’elles sont belles, et votre serviteur ne visite jamais une boutique sans embuer la vitrine des figurines. Ceux qui suivent l’actualité des mangas savent que de nombreux projets liés à cette œuvre sont en cours. L’épisode G, publié en France, mais aussi Lost Canvas, Next Dimension, et l’adaptation tant attendue du dernier chapitre de l’œuvre originale, Hadès. Je ne dirai rien de ces nouveautés. Celles qui sont aujourd'hui parues ne me font pas rêver.


Aucune raison objective ne vient justifier de cette passion que je porte aux personnages de Kurumada. Ils furent le vieux et noble matériau de mon usine à rêve personnelle. Pour compléter le tableau, c’est par eux que me sont venus tout à la fois mon intérêt renouvelé pour le neuvième art, mon pseudonyme internet, et même le nom de ce blog ! En effet, tout en bas de la liste de liens se trouve le Saint Seiya forum, tenu par Pegasus, sur lequel j’ai utilisé pour la première fois mon pseudonyme de M 31. Tout ça parce que mon chevalier préféré était Shun d’Andromède (oui, l’efféminé aux cheveux verts et l’armure rose avec des chaînes : ceux à qui viendrait le mot « tapette » peuvent se taire ou compter leurs dents.), qui invoquait souvent la nébuleuse d’Andromède présente dans sa constellation. Cette nébuleuse est la plus proche de notre planère et porte le numéro… M 31

 

Oui, tout ça pour ça.

source image:
Aquarius Fantasy
 

 

 

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