Cadeau Empoisonné (Où l'on parle de ma famille)
Certes, du haut de ses 1m 85 avec un quatorzième balai dans les pattes, ça reste un fan de Naruto Uzumaki, mais de l’avis-même de sa mère, je pouvais éventuellement commencer à miser sur plus ambitieux que Zep. Il est Grand, il est Blond, et ses joues roses commencent à piquer. Puberté, Il voit ton nom écrit dans le miroir tous les matins en se rasant. Les deux volumes d’Eragon qui squattent sa table de chevet indiquaient assez clairement son goût de l’heroic fantasy… mais passé cela, j’étais perdu. Je ne connais pas grand-chose à ce genre majeur (au moins en termes de ventes) du neuvième art. Mon enthousiasme a déjà fait trop de bonds, et mon portefeuille a déjà multiplié les acrobaties lorsque je pose finalement les yeux sur ce rayon. Les limites sont aussi celles du compte en banque.
Déterminé, malgré tout, à offrir au Grand un album dont je puisse garantir la qualité, j’ai orienté ma recherche vers un récit noblement encapé en vue d’un duel à l’épée, et finalement choisi La marque du Diable, le premier tome de la série Le Scorpion, de Marini et Desberg. Un chasseur de trésor émérite, séducteur impénitent à la virilité aussi redoutable que sa lame se lance dans la quête de ses origines qui le mènera jusqu’aux secrets les mieux cachés de la chrétienté… Des couleurs faites à la main, des cases qui ne sont pas loin de peintures renaissance, des rebondissements nombreux impliquant des personnages charismatiques comme Mejaï, le Cardinal Trebaldi, ou Rochnan… La qualité du récit y est soulignée par un graphisme très soigné, et l’ensemble ne se résume pas un énième complot de l’Eglise vieux de plusieurs siècles. Le début du second cycle recentre l’intrigue sur l’essentiel : l’affrontement entre le nouveau pape et son rejeton illégitime. Le premier y gagne en profondeur, et le second, une noirceur lui réussit bien...
Dans la même veine, j’aurais volontiers tenté le De capes et de crocs d’Ayrolles et Masbou, mais j’ai craint que le côté moliéresque qui fait tout le sel de cette série ne soit indigeste à mon collégien préféré. Pour lui, les alexandrins sont encore synonymes de devoirs à faire sur des textes somme aux styles (hostiles ?) surannés. J’ai craint de le braquer. Mais j’espère l’initier à la Rixme un jour prochain.
Joyeux Anniversaire, Petit Con.