Bonjour à tous et bienvenue dans la Nébulleuse avec deux L, un blog consacré au 9ème art. J'y rédigerai (régulièrement?) des chroniques sur mes coups de coeurs en cases et en petites bulles. Je compte parler essentiellement des ouvrages récents et des nouveautés, mais je garderai une place pour les plus anciens. De même, si je traite essentiellement de Bande Dessinnée francophone, je ne cracherai pas sur un bon manga ou un bon comics. Enfin, je précise que les avis dans les textes présentés sont subjectifs, et je serai très heureux s'ils faisaient débat. Bonne lecture!
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Si certains veulent me suggérer des ouvrages, récents ou plus anciens, n'hésitez pas!
Point de jeune dégingandé et nonchalant dans ces pages, ni de trentenaire trop vite grandi. Les deux personnages ont leur âge, l’assume, et sont exactement là où ils ont envie d’être. C’est-à-dire sur deux lignes de conduite a priori si opposées que ces deux là ne devraient même pas se croiser. Mais la jeune femme est vive pétillante, fantaisiste… En un mot, inattendue dans la vie de ce casanier. Ce qui pourrait être une liaison sans lendemain prend peu à de l’épaisseur, et une dimension presque scandaleuse : Fleur, et surtout Christian doivent faire face aux plaisanteries grasses de leurs collègues, et aux remarques, acides sans en avoir l’air, sur la situation sociale de Fleur, tout juste employée de bureau pistonnée qui sort avec un patron. Taquine, sensuelle et imprévisible, elle réapprend la spontanéité à l’homme qui aime l’immuabilité et le contrôle. Christian découvre ainsi une vie auquel il n’a jamais été habitué. Il n’est pas contre, il est juste déboussolé. Et malgré tout… Entre son frère alcoolique, sa soif inextinguible de nouveautés et sa perpétuelle envie d’ailleurs, Fleur est difficile à cerner, à suivre, même s’il a envie de l’aimer. De son côté, Fleur se sent l’originale de service, et supporte mal d’être la caution « ouverture d’esprit » parmi les relations de Christian.
Le point de départ de l’histoire est une situation connue que les auteurs font évoluer vers quelque chose d’aigre-doux, à mi-chemin entre le regret et, une
fin réussie pour les deux héros. La fin du récit, pour quelque peu attendue qu’elle soit, ne dépareille pas du reste de l’album. Aucune grandiloquence, et perce l’absurdité sous les questions qui
peuvent rester en suspens dans l’esprit du lecteur : les deux amants n’auront fait que s’effleurer. L’amour de toute une vie n’était pas l’objet de ce récit, la violence passionnelle n’a
jamais sa place dans les pages sue l’on tourne. D’ailleurs, les quelques scènes de conflits montrées ça et là sont bien souvent avortées par un silence et un regard. On a plein de
trucs à partager, mais pas tant de choses à se dire… Effectivement, les univers parallèles, tracés limpides et tout en courbes, ne s’interpénètrent jamais, les deux héros ne font que
s’effleurer, mais ce rapprochement paradoxal, foncièrement incomplet est tout l’objet inattendu de cette narration. Les personnages sont heureux au début, heureux à la fin. Ils ne se cherchent
pas, mais trouvent en eux de nouvelles choses… C’est dingue comme ça semble d’une simplicité biblique, raconté de cette façon.
Pépite surprise dans le flot des parutions, Effleurés a quelque chose de réellement rafraîchissant. Isabelle Bauthian et Sylvain Limousi ont, semble-t-il, de nombreux projets. Espérons qu’ils sauront la conserver.
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